Une « gauche contestataire » plus soucieuse de sauvegarder la carrière de ses dirigeants que d’incarner une véritable opposition face à l’exécutif

François Hollande a déclaré lors d’un entretien télévisé : « Madame Le-Pen parle comme un tract du Parti Communiste des années 1970 ». Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a à ce titre réclamé des excuses publics.

Il est courant chez les défenseurs des mesures anti-ouvrières, qu’ils soient de droite, centristes, ou même de gauche, d’utiliser les discours pseudo-sociaux des mouvements d’extrême droite pour que tout opposant au capitalisme soit automatiquement accusé de fascisme. Selon cette logique, on devrait par exemple accepter que les travailleurs perdent leur droit à partir à la retraite à soixante ans sous prétexte que le FN fait mine de défendre cette avancée sociale.

La phrase du président ne dit pas ça. Mais il faudrait être très naïf pour ne pas voire que cela est insinué entre les lignes, car compatible avec la politique menée par le chef de l’État consistant à arroser les hyper-riches aux frais du reste de la population.

Mais s’il est certain que l’idéologie communiste en elle-même n’a rien à se reprocher, on ne peut pas en dire autant de tous les tribuns qui s’en sont revendiqués. Et en l’occurrence, ce parti qui n’en a jamais eu grand chose d’autre que le nom, n’est pas aussi innocent de démagogie chauvine que le camarade Laurent s’efforce d’essayer de nous faire croire.

Encore durant la campagne pour les élections présidentielle de 1981, le PCF vantait le « produire français », notion qui ne revenait qu’à prendre la défense des capitalistes de l’hexagone contre la concurrence étrangère. Il n’avait d’ailleurs pas rompu avec l’ineptie stalinienne du « socialisme dans un seul pays ».

Sans parler de la célèbre déclaration de Georges Marchais, figure emblématique du mouvement en question, à propos de l’immigration, qui ne laissait, contrairement à ce que beaucoup nous racontaient et nous racontent encore de nos jours, guerre de place à la libre interprétation. Dans le moins grave des cas, ce fut un appel à l’entrave à la liberté de circuler et une minimisation des moyens des grands patrons.

On l’aura compris, Pierre Laurent cherche moins à contester l’austérité voulue par le gouvernement qu’à défendre son image de marque et celle de sa famille politique. Ce n’est donc pas en votant pour ces gens-là que les travailleurs pourront se défendre, mais en menant leurs propres luttes, et sans que celles-ci soient habitées par du nationalisme.

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