Ni libre-échange patronal, ni protectionnisme

La crise économique mondiale s’est encore aggravée. Les populations de tous les pays ont vu leur pouvoir d’achat diminuer.

Face à ce fléaux, la pensée protectionniste refait surface.

1/ UN LIBÉRALISME BOURGEOIS PROFONDÉMENT ANTISOCIAL

Cette prérogative accordée aux grands patrons d’exploiter où ils veulent et comme ils veulent a apporté du chômage pour les uns, et des conditions de travail déplorables pour les autres. On ne compte plus les journées de seize heures y compris pour les enfants au sud, et les licenciements au nord.

Ce dumping social est une cause du fait qu’un être humain sur vingt millions possède la moitié des richesses, et que le nombre de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté ne cesse de croître.

2/ MAIS DERRIÈRE, UNE ALTERNATIVE QUI N’EST PAS MEILLEURE

Ces libertés économiques permettent aux grands groupes produisant dans les régions à faible coût de main-d’œuvre de vendre dans les pays développés, ce qui n’est pas du goût des industriels ayant propriété principalement dans les pays du nord, qui perdent des parts de marché.

Le protectionnisme revient à taxer des capitalistes pour faire des cadeaux à d’autres capitalistes, au nom de la « compétitivité ». Mais cela n’améliore en rien la condition des classes moyennes et pauvres.

Les frontières sont bourgeoises par essence, et à ce titre, ne sauraient protéger que le patronat. Si le milliardaire Lakshmi Mittal demandait le protectionnisme européen, ce n’était absolument pas par altruisme, mais simplement pour obtenir un bouclier face à la concurrence étrangère.

Des régimes comme l’Allemagne nazie et l’URSS étaient protectionnistes, comme le sont actuellement les USA, la Chine, Cuba, l’Iran, le Japon, Israël, la Corée-du-Nord… Et on ne peut pourtant pas dire que leurs habitants aient été épargnés par la précarité.

3/ LA LUTTE CONTRE LES DÉLOCALISATIONS : UN COMBAT AMBIGU

L’externalisation des emplois vers les pays pauvres sert souvent de prétexte pour justifier la fermeture des frontières. C’est oublier que dans bien des cas, il s’agit en fait d’entreprises qui maintiennent le niveau de production dans le territoire d’origine, mais avec une réduction d’effectifs, et donc une surcharge pour ceux qui n’ont pas été licenciés.

La désindustrialisation de l’Occident est un mythe. Le travail ne manque absolument pas, il est juste inégalement réparti.

La création d’emploi au nord implique donc la répartition du travail sans perte de revenus par la baisse du coût du capital, mais certainement pas le report du chômage au sud.

4/ LA MONDIALISATION : UN PHÉNOMÈNE IRRÉVERSIBLE

La plupart des produits consommés sont le fruit d’assemblages de matières provenant des quatre coins de la planète. L’Europe par exemple, n’a en son sol ni café ni hévéa (arbre indispensable à la production de caoutchouc).

L’internationalisation des échanges est donc innée au développement économique. Astreindre les régions à l’autarcie reviendrait à retourner au mode de vie de la préhistoire.

5/ LE NATIONALISME : UN DANGER POUR LES TRAVAILLEURS

Choisir entre le libre-échange patronal et le protectionnisme reviendrait à choisir entre la peste et le choléra.

C’est aux privilèges de tous les membres des classes dirigeantes que les masses populaires doivent s’attaquer. Ces dernières doivent impérativement rejeter le poison nationaliste sous toutes ses formes, pour s’unir.

La résolution de la crise passera inévitablement par des luttes collectives visant à éradiquer le capitalisme. Et pour cela, les peuples doivent dire non au « patriotisme économique », et oui à la coopération.

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