L’écologie : un sujet pertinent qui ne doit pas servir de prétexte pour frapper les classes populaires

C’est aujourd’hui la Journée Mondiale de l’Environnement.

Cette commémoration a été hypocritement proposée en 1972 par des dirigeants de l’ONU qui s’intéressaient bien peu à l’écologie. Mais la défense de l’aire, de la faune, de la flore, et du bien-être de l’humanité, n’en demeure pas moins une problématique très importante.

Ce sujet donne lieu à beaucoup de récupérations politiques, souvent pour le détourner de ses buts initiaux.

1/ DES DÉGÂTS ENVIRONNEMENTAUX ALARMANTS

On ne peut pas nier le désastre dans lequel se trouve la planète suite à deux siècles de pollutions incontrôlées.

Ce réchauffement climatique si fort qu’il entraîne la fonte des glaces de l’océan Arctique ne peut évidemment, contrairement à ce qu’avancent certains industriels, pas n’être dû qu’aux hausses cycliques de températures.

La dégradations des eaux, du fait des fuites de pétrole, est également responsable de l’extinction de nombreuses espèces marines.

Les catastrophes humaines ne sont pas évitées non plus. La multiplication de sérieuses maladies pulmonaires contractées par des personnes pourtant jeunes dans les villes les plus polluées, notamment à Pékin, démontre la gravité du problème.

Sans parler des incidents mortels causés par le manque de sécurité dans les centrales nucléaires.

2/ MAIS DERRIÈRE, DES PROPOSITIONS MOINS ÉCOLOS QUE RÉACTIONNAIRES

De nombreux mouvements proclamés « objecteurs de croissance », ont coutume de pointer les classes moyennes, modestes, et même très pauvres, comme autant voire plus responsables que la grande bourgeoisie, de l’état de la planète.

On entend des voix réclamant la baisse de la consommation de l’ensemble de la population, avec bien souvent à la clé des mesures contre le pouvoir d’achat comme des taxes sur la consommation, ou des suspensions d’allocations familiales à partir d’un certain nombre d’enfants.

L’hebdomadaire La Décroissance n’avait pas hésité à inscrire « merde au pouvoir d’achat » dans sa une du n°48 d’avril 2008.

Des courants se revendiquant écologistes, notamment l’association Casseur de Pub, appellent à une ou plusieurs journées annuelles sans aucune dépense, pour manifester un refus de la « société de consommation ». C’est sans compter le fait que ces mêmes « jours sans achats » sont déjà appliqués par de nombreux précaires, bien souvent contre leur gré, et avec la bénédiction du patronat.

D’autres vont plus loin en demandant diverses formes de régression de la société, comme l’interdiction de tout moyen de transport autre que les jambes et le cheval, le renoncement au chauffage, un localisme qui astreigne les régions à la vie en autarcie, quand ce n’est pas le retour pur et simple aux temps préhistoriques.

3/ LE COUPABLE EST LE CAPITALISME, PAS LE PROGRÈS

De nombreux décroissants confondent la lutte contre le productivisme sauvage des grands patrons avec celle contre toute forme de développement économique. Il faudrait selon eux que les classes moyennes occidentales, voire des plus pauvres encore, consomment moins.

C’est ne pas tenir compte du fait qu’une grande part de la production mondiale soit utilisée, non pas pour permettre aux peuples de se développer, mais aux gaspillages patronaux pour protéger les portefeuilles.

Ce n’est pas le train de vie des travailleurs qui est à l’origine par exemple des énormes dépenses énergétiques engendrées par l’entretien de l’armement militaire, alors que l’espace qui abrite ces machines à tuer pourrait servir entre autres à remplacer pas mal de moteurs de véhicules diesels par des électriques et hybrides, à développer massivement les transports en commun, à réduire le temps de travail sans perte de revenus (réduction sans laquelle la nécessaire diminution des déplacements ne sera pas possible)…

En renversant la dictature exercée par les propriétaires des grands groupes industriels sur l’économie, nous pourrions mieux respecter la planète sans réduire notre train de vie, voire en l’améliorant.

Dire que l’ensemble de l’humanité consomme trop est une ineptie : les travailleurs bossent trop et donc produisent trop, mais ne consomment pas trop. Ce ne sont que les capitalistes multimillionnaires et milliardaires qui consomment trop.

Je constate au contraire que les classes laborieuses sont empêchées de consommer assez pour pouvoir vivre plutôt que de se contenter de survivre.

Le progrès technique apporte beaucoup de bienfaits à l’humanité, mais aussi à l’environnement, notamment par les économies de dépenses permis par l’Internet où les transports en commun. Criminaliser ces avancées serait inciter les masses populaires à l’auto-culpabilisation, et donc protéger les classes dirigeantes pollueuses, ce qui reviendrait à encourager la destruction de la planète.

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