Un cléricalisme toujours à combattre

C’est aujourd’hui l’anniversaire du concordat français de 1801, concordat réintroduisant les religions dans les pouvoirs politiques. Ce traité a été conclu entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII dans le cadre du retour de la monarchie.

Ce dispositif a été officiellement supprimé par la loi de 1905. Mais par le jeu de multiples annexions, il reste en vigueur en Alsace et en Moselle.

1/ UNE ATTEINTE À LA LAÏCITÉ

Ce régime particulier finance les cultes aux frais des collectivités. Or, le principe de neutralité des forces publiques interdit catégoriquement ce type d’aide.

Sans parler du code local qui permet encore des peines d’amande et de prison pour blasphème.

2/ UN CAUTIONNEMENT DE DISCRIMINATION

Le concordat accorde un statut de fonctionnaire aux responsables religieux. Or, la fonction de prêtre dans les églises catholiques reste inaccessible aux femmes.

C’est donc une différentiation fondée sur le genre que l’État cautionne de facto, en contradiction avec les principes d’égalité.

3/ L’EXTENSION À L’ISLAM : UNE NOUVELLE DIVERSION

Comme le régime concordataire est réservé aux cultes chrétiens et à ceux judaïques, il entretien une discrimination vis-à-vis des croyants des autres religions. En réponse, des voix s’élèvent pour ouvrir ce statut, en particulier à la religion musulmane.

Il s’agit d’une mauvaise piste, tant sur la forme que sur le fond.

Sur la forme : si on suit ce raisonnement, on doit aussi étendre le concordat au bouddhisme, au taoïsme, à l’hindouisme, au confucianisme, à l’animisme, au bahaïsme, à la franc-maçonnerie, au shintoïsme, aux mythologies grecques, à celles romaines, à celles égyptiennes, et bientôt aux millions voire aux milliards de cultes qui peuvent exister. Une telle situation serait absolument ingérable et inepte.

Sur le fond : la laïcité n’implique pas de mettre les cultes dans le même sac en les subventionnant tous, mais de les mettre dans le même sac en n’en subventionnant aucun. Je ne vois pas en quoi le fait qu’en plus de caricaturer Jésus et Moïse, caricaturer Mahomet devienne également un délit, constituerait un progrès.

Les gens qui parlent d’étendre ce statut particulier à d’autres cultures sous prétexte d’équité tentent en fait de nous faire oublier que ce même statut est inégalitaire par essence, et qu’il ne sera jamais possible d’introduire quelque véritable justice que ce soit entre les croyances et entre les citoyens sans que soit supprimé purement et simplement le concordat alsacien.

4/ À BAS LE CONCORDAT

La participation de ce qui est religieux dans la vie politique est incompatible avec le respect des libertés. Un véritable progressisme ne peut se faire que dans le cadre d’une société laïque.

Il est inadmissible que dans une partie d’un pays qui se dit celui des droits de l’Homme, un système théocratique survive encore au XXIème siècle. Son abrogation est une urgence démocratique.

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